CaRéagit au chevet des 100 jours

Tout le monde rentre de vacances, l'occasion pour moi de revenir sur les trois premiers mois de la présidence Sarkozy. N'en déplaise à certains, je vais surtout m'attacher au mouvement de fond de cette nouvelle présidence et non pas à la description de chaque mesures ou de chaque promesses.

A son actif, N. Sarkozy applique ce pour quoi il a été élu. Ou du moins en surface. Paquet fiscal, loi sur la récidive, traité européen sont autant d'exemples. Il sera donc de mauvais goût de le critiquer sur cela. A son actif également cette fameuse culture du résultat, qui reste certes à confirmer dans les prochains mois. Mais soumettre l'action publique au jugement d'autrui ne peut être que bon.

Ce qui me gène en revanche c'est un aspect beaucoup plus sous-jacent de la politique "Made in Sarkozy" qui voit persister un modèle de politique conjoncturelle du type un fais divers = une loi, modèle très dangereux car si cela ne s'apparente pas à de la totale démagogie, c'est tout de même signe d'un système profondément doxocratique. Pour tout vous dire j'attends avec impatience la rentrée de septembre et le réveil de nos amis marxistes-syndicalistes pour voir évoluer ce modèle de politique aux côtés de la sphère économique et sociale. Mais ce constat n'est pas totalement - ni l'unique faute du Président, ni imprévisible. Nous débattions déjà de ce doux glissement vers les pentes de la "réac-politique" dans l'ADN ou dans mon billet "Pourquoi pas moi". Les hommes politiques ne sont que le reflet partiel ou total de l'attitude d'un peuple. Nous vivons dans une société du paraître, l'actualité est rythmée par les faits divers et l'absence d'échos dans la sphère politique est désormais considérée comme un manque de respect. Alors ils réagissent, tout le temps et sur tout.

Et pourtant, tout cela entre en féroce contradiction avec ce dont le pays à besoin pour sortir (enfin) de la tempête qui nous secoue depuis trop d'années. Chantiers sur la compétitivité de nos petites entreprises à l'international, lutte contre le chômage, rééquilibrages de nos dépenses étatiques et publiques, ou encouragement de la prise de risque et de l'investissement sont autant de dossiers de longue haleine qu'il faut entreprendre. Mais cela fait trop longtemps que le monde politique dans sa globalité, porté par les sondages et les enquêtes d'opinions se tape des politiques de long terme et des chantiers compliqués et donc forcément plus impopulaires. N. Sarkozy est dans la lignée directe de ses prédécesseurs, mais je n'en suit pas plus étonné que cela.

D'un point de vue personnel donc, je considère la rentrée comme catastrophique et, je l'espère (mais j'en doute), peu représentative du reste du quinquennat. Amis lecteurs vous pensez désormais trouver ici des propos anti sarkozystes et vous vous trompez. Je suis de droite et je le reste. Mais je demeure dans ma posture prudente envers l'UMP que je considère comme étant trop peu de droite, au sens économique du terme si je puis dire. Alors dans cette nouvelle année scolaire qui se profile je serai aux côtés des avancées qui me paraîtrons censées et combattrai s'il le faut cette politique "star ac'" aussi loin qu'il le faudra.

2 commentaire(s) à déguster:

  • Quand le markéting s'impose avec un baril de lessive qui lave plus blanc que blanc la ménagère de 50 ans ne sait plus quoi mettre dans sa machine.

    De même, les politiques, polarisés par la prise de pouvoir à court terme, une fois élus ou battus semblent être toujours sans réelles visions et réalisme en ne faisant que des "coups" de com au fur et à mesure des évènements quotidiens.

    Après nos nombreuses médailles d'or en athlétisme, si la coupe du monde de rugby se passe mal pour la France il faut s'attendre à une réforme du sport à l'école !!!!!

    Finalement le Président gère le jour le jour, le gouvernement étant sur les actions à court terme, les diverses commissions faites d'ouvertures réfléchissant au long terme. C'est effectivement un changement !!!!!

    Il y a un moins un résultat qui n'était pas certain, l'opposition et les syndicats semblent perdus et les français, qui n'en sont pas à une contradiction de plus ou de moins, approuvent largement la méthode tout en désapprouvant pratiquement chaque action qui est jugée trop à droite ou trop à gauche suivant l'électeur.
    Comprenne qui pourra, mais ça sent le réchauffé !!!!!

    Tout n'est pas noir, la BNP ayant repris la cotation de ses 3 fonds à risques le moral des financiers remonte, la BCE ne va probablement pas augmenter ses taux, l'Alstom engrange toujours un maximum de commandes et ses actions s'envolent (+80% en 1 an), la vie continue ....

  • le chafouin

    Trop peu de droite au niveau économique, je suis assez d'accord, mais au niveau sociétal, je dirais plutôt l'inverse : sarkozy a même une tendance "nouvelle droite" avec ses idées de juger les irresponsables, d'enfermer à vie les pédophiles et pourquoi pas, demain, de gazer les chiens qui mordent des enfants.
    A quoi sert d'améliorer une économie (ce qui est loin d'être le cas, M. Sarkozy va tout aggraver à ce niveau, je le pressens) si on place la peur dans le quotidien des gens?

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