Finance sans coeur

Non vous vous doutez bien que le billet ne sera pas une attaque en règle des marchés financiers et des méchants spéculateurs... La première étape de la fusion Euronext - NYSE réalisée il y a 6 mois (après des mois de négociations) ressemblait un peu au mariage de deux rock stars. D'un côté le vieux NYSE et de l'autre un concurrent tout neuf qui ne cessait de prendre du poids. Il fut un temps ou tout le monde croyait à la romance. 2008, Ouvrons les yeux.

Car la donne a changé et les promesses de hier se retrouvent diamétralement opposées aux actes d'aujourd'hui. Hier Euronext voulait franchir un palier et la belle était au centre des convoitises du NYSE et de la Deutche Borse. Au bout de plusieurs mois d'aller et venue de rumeurs et de démentis c'est finalement dans les bras du monstre New Yorkais que le conglomérat européen se jetait. Dans un contexte d'hyper compétition des marchés entre eux le seul savoir faire d'une place boursière est sa capacité à traiter les différents ordres arrivant sur le marché. Pour les nostalgiques de la corbeille , désolé de casser le mythe mais tout cela est désormais centralisé dans des serveurs géographiquement éclatés et dont les emplacements restent un secret de polichinelle. Le coeur du métier d'une "bourse" est donc son système informatique lui permettant de gérer au mieux son fonctionnement. Pour Euronext le système fut confié a Atos Origin et détenu a 50-50 par le NYSE et Euronext. Désormais et pour faire face aux récentes mutations des bourses mondiales (LSE qui a récupéré son propre système auparavant sous traité ou encore le probable rapprochement entre le NASDAQ et OMX) c'est bien aux Etats-Unis que pourrait s'envoler le-dit système si précieux aux yeux des acteurs de la place européenne. Pilule d'autant plus dure à avaler au regard des promesses tenues lors de la fusion avec la place américaine et des raisons du rejet de l'offre Allemande (Cette dernière entraînait de facto une centralisation des systèmes informatiques).

Dans un contexte global de remise en question de la puissance américaine, il faut bien avouer que cette nouvelle présente l'avantage de remettre les choses en place à propos de conclusion attives. Alors que nous parlions encore avant hier de l'Europe politique et institutionnelle, l'Europe financière fait grise mine et voit son coeur partir de l'autre côté de l'altantique...

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