Dans la Kiwisphère il arrive parfois que des sujets s'entrechoquent. C'est le cas aujourd'hui avec Chafouin qui diffuse sur sa page personnelle un appel à la mobilisation des citoyens que nous sommes et nous motive à la saisie de nos députés respectifs de manière à faire pression sur le futur vote relatif à l'adoption du "mini traité européen" désormais appelé "Traité de Lisbonne".
Dans un soucis de démocratie et de liberté d'expression, je vous invite donc à suivre le lien pour retrouver toutes les modalités de cet appel, si toutefois le coeur vous en dit.
Passés les sujets prépondérants de Kadhafi puis de Carla Bruni, l'actualité nous offre enfin un répit bienvenue pour se questionner sur les avancées du traité européen. Dans un soucis de pure satisfaction personnelle, j'adhère a ce traité et, quitte à vous étonner, je me réjouis même du précédent "Non" français qui aura eu pour principale conséquence de bouter hors des accords toute la frange sociale et fédérale. Car ne nous trompons pas sur ce qu'est réellement ce "mini traité". En 2005, fait notable, l'Europe prit une nouvelle fois un risque en confiant son avenir aux mains des peuples européens. Les Français (entre autre) toujours aussi compétents lorsqu'il s'agit de politique "internationale" furent ma fois bien stupide de mélanger politique intérieure et politique européenne tout en prétextant, et ce de manière générale, ne pas vouloir d'une Europe "non sociale". A cette époque l'électeur que je suis était à deux doigts de rejeter le projet ne souhaitant voir une Europe sociale et fédérale prendre le pas sur l'Europe libérale qui évolue aujourd'hui. Une manière de garder une dernière partie de libéralisme dans notre vie.
Car c'est un fait l'Europe est née d'une conception libérale et ne cesse depuis, d'accords en accords de poursuivre sa route sans obstacles majeurs. En l'espèce 2005 aurait pu infléchir la route, 2007 ne le fera pas. Ce traité n'a en fait rien de simplifié. A bien le lire (en travers + fiches ci dessous) il est même largement plus complexe à la compréhension que le premier petit carnet bleu reçu dans nos boites aux lettres. D'un point de vue institutionnel il conserve quasiment intégralement les avancées promises par le traité rejeté de 2005, de la présidence de l'union en passant par le rééquilibrage législatif ou encore la refonte du système de décision (à la majorité qualifiée).
L'Europe semble donc progresser sur le fonctionnement de ses institutions mais stagne sur les aspects sociaux ou bien encore sur la partie "accords de politique extérieure". En l'espèce ce traité fut soumis à la pression Anglaise (et donc Américaine ?) ce qui en fait un parfait accord économique et institutionnel mais un nain politique et social. Toutes ces remarques sont bien entendu personnelle et je vous invite chaudement à prendre d'ailleurs connaissance du document publié par l'association Robert Schuman qui tente en 10 fiches, de récapituler les principaux axes de ce traité de Lisbonne.
Mais le débat en France actuellement ne porte pas tant sur le fond du traité (bien trop complexe*) que sur son mode d'adoption. L'on parle de révolution ici ou là, certains osent même le terme "putsch" utilisé pour désigner le passage en force du Président de la République et de son gouvernement.
Cessons les enfantillages et posons nous un instant. Tout d'abord ce projet d'accord fut soumis une première fois au choix français lors de la campagne présidentielle puisqu'il fut partie intégrante du programme Sarkozy. Adopté à 53%. Évidemment, seul le projet global fut présenté aux français or ce genre d'avancées doivent se juger "sur plan" et dans les détails aussi nous ne considérerons pas l'élection présidentielle comme une première étape de ratification. Ensuite dans la République Française le président dispose dans ces cas là de deux modes de ratifications. La première, utilisée pour Maastricht puis en 2005 l'est par le référendum populaire. La seconde, par l'assemblée nationale. En tant que citoyen permettez moi donc de ne pas bien comprendre la polémique actuelle. Le traité devrait être adopté par l'assemblée nationale, elle même émanation du peuple, élue, qui plus est récemment, lors d'un vote (à ma connaissance) démocratique. Considérer ce mode d'adoption comme antidémocratique relève donc bien plus d'un total manque de confiance dans nos représentants nationaux ou pis, d'un gros doute sur l'efficacité de notre système électoral et donc du fonctionnement même de notre démocratie.
Alors les plus combatifs se justifieront en agitant le caractère "prépondérant" de cet accord de Lisbonne et ils auront sur ce point raison. Mais alors ? La politique intérieure française est-elle à ce point inutile qu'elle puisse être confiée à nos députés ? La seule raison qui trouve grâce à mes yeux restera donc la tradition. Oui la tradition française de demander son avis - et ce directement - au peuple français, l'un des peuples à l'origine et ayant cru au projet fou de l'Europe.
Que les tentants du plan B se réjouissent, l'Europe libérale avance. C'est ce que l'on appelle une opposition contre productive.
Le traité de Lisbonne en 10 fiches - Source - association Robert Schuman
Le traité de Lisbonne - Version Intégrale
* Une précision toutefois. Je regrette, au même titre que Pierre Catalan que le débat actuel ne porte plus sur la forme de ratification que sur le fond du traité de Lisbonne. Pour le camp du "non" il doit être plus aisé de mobiliser les foules sur "le complot des élites" (comme le dit Pierre) que d'expliquer les points négatifs de ce traité.
Lire l'avis de Toréador
Rome, Maastricht, Nice, Lisbonne...
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8 Réactions:
Très bon article. Néanmoins je crois que le désir de référendum n'est pas tant à placer dans la "tradition" (bonapartiste?) de la consultation populaire, mais plutôt dans:
1) L'argument fallacieux des conservateurs noniste, anti-libéraux et/ou souverainistes, de faire capoter plus d'intégration européenne au nom de la démocratie.
2) l'argument, acceptable, qu'il faut faire confiance au peuple de temps en temps. Le problème reste de savoir si l'on est un bon joueur de poker ou pas.
Trés franchement je ne suis pas du tout sûr que le Oui l'emporte si toutefois le peuple est mobilisé. D'abord parceque la côte de popularité de Sarkozy est descendante et parceque ses adversaires attendent le premier rendez vous électoral pour le fusiller.
2007 - 2005 même combat, les français mélangerons Europe et affaires Franco-françaises. C'est en tout cas mon avis personnel.
Pierre admet-il que l'on peut etre noniste et non rétrograde?
Il faudra lui poser la question, pour ma part, et sur ce traité là, être noniste aura conduit simplement à avoir un traité qui doit te donner encore plus de boutons que la première Fred.
La question de la représentativité de l'assemblée est au coeur du débat. Et je m'étonne que d'aussi grands esprits que vous puissent prétendre qu'il est normal que 80% des députés votent dans un sens rejetté deux ans plus tôt par 54% des Français. Pour moi, il y a un problème grave d'adéquation entre les deux mais on le paiera sûrement par la suite. Après, on s'étonne que des esprits faibles se croient obligés, par désespoir plus que par conviction, de voter besancenot ou le pen.
Arrêtons donc de jeter les nonistes en pâture, ni de leur prêter des intentions qui ne sont pas les leurs.
Personnellement, je ne suis ni gauchiste, ni souverainiste. Je déteste tout simplement la façon dont l'Union est conçue depuis le départ : une union économique de fait, sur laquelle on essaie à toute force de greffer des institutions qui ne sont pas naturelles, et surtout, qui ne préservent absolument pas les règles les plus élémentaires de la démocratie.
J'ajoute que Sarkozy ne nous avait nullement confié son intention de nous rouler ainsi dans la farine.
J'avoue, pour finir, que le problème est de taille : comment faire autrement? Le problème, c'ets qu'on ne l'a jamais envisagé. Il est donc très facile, après des années de sens-unique, de vouloir faire porter le chapeau de l'échec de l'UE à ceux qui ne la cautionnent pas.
Et pour répondre à ton dernier commentaire que je n'avais pas lu, Seb, je dirais qu'effectivement, le traité de lisbonne est encore pire que e précédent puisqu'il y a tout sauf les trucs gadgets mais amusants qu'étaient les symboles, et un truc plus fondamental et, je dirais même, essentiel,qui est le ministre des affaires érangères.
Il faut s'en prendre aux Anglais cher Chafouin pour le ministre des affaires étrangères...
Pour le reste, les nonistes ne sont arrivé qu'a avoir un projet dépourvu de tout ce pour quoi ils se battaient en 2005 !
Un réel paradoxe qui pose réellement la question de la contestation non ?
Pour ce qui est du problème de l'assemblée, peut etre pourrions nous en débattre lors de billets croisés Chafouin ?
Franchement, Seb, je manque de temps pour appronfondir en ce moment. Et j'ai plein de sujets en retard! Le déficit démocratique de l'assemble me paraît cependant évident...
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