Le système n'est pas fou, les acteurs oui

J'ai cherché longtemps. Comment aborder l'affaire de la Société Générale sans tomber dans le récit sans saveurs ou dans les explications techniques et inutiles. Sur le fond, Jérôme Kerviel a joué avec le feu, il s'est brûle. Comme l'explique bien Toré aujourd'hui, il est pourtant compliqué de croire à l'histoire diffusée par l'establishment et reprise à grandes eaux par les canaux d'informations. Sinon, je me questionne sur la viabilité d'établissements bancaires qui seraient à portée d'une bourde du premier trader venu... Bourde veut dire perte, et, dans bien des cas, refonte du capital pour parer aux pertes, ouvrant ainsi la voix dans le meilleur des cas à une refonte de l'actionnariat et dans le pire une prise de contrôle sans cou férir.

Dossier refermé, nous ne savons rien et nous ne saurons plus grand chose de cette affaire, il est temps d'entrer dans les lieux communs et de se questionner sur le devenir d'un tel système. Car depuis quelques jours, difficile de compter chaque intervention bercée par le désir de remise en cause du capitalisme dans sa globalité.... C'est une formidable porte d'entrée pour les antis - système, qu'ils en profitent... Non tentons d'aborder plus globalement les relations entre sphère dite "réelle" de production et "financière".

Si les atermoiements de la seconde devraient avoir des effets sur la première - et notamment sur la croissance - la question reste de savoir si le marché valorise les entreprises à leurs justes valeurs. Certains soutiennent que non en se retranchant derrière le phénomène de la spéculation... Pour ma part, j'ai le tord de garder constamment en tête la caractéristique majeure des marchés aujourd'hui. L'anticipation. D'ailleurs, in fine, la spéculation n'est-elle pas qu'une conséquence d'une anticipation ? Une information est publiée, le marché anticipe sur l'avenir et s'adapte. La meilleure preuve n'est elle pas d'ailleurs la crise des subprimes ? Après de multiples signaux, la fissure s'est déclarée avant de se propager un peu partout. Dans le doute, le marché corrige avec fermeté en réévaluant notamment les valorisations des financières, principales victimes de la crise des crédits immobiliers américains.

Sur le court terme en revanche, je reconnais l'imperfection du marché qui peut valoriser grandement l'entreprise en dépit de bases bancales (Bulle Internet et écologique actuellement). A long terme en revanche, les disparités sont corrigées, souvent aux prix de belles gamelles il est vrai... De tout façon à long terme nous sommes tous morts dirait Keynes...

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