Vendredi soir, dernière ronde sur la toile avant de déguster avec appétit les derniers épisodes de la folle série américaine Lost. Mon regard comateux se pose sur un petit titre en une de page de Libération.fr...

"Royal l'emporterait face à Sarkozy"... J'ai d'abord cru à une blague, puis un bug d'archives, il faut dire que ce titre, résultat d'une étude à tout de réel. Source CSA, publication dans Marianne dès demain, flashback à la "Lost" nous revoilà en campagne présidentielle. Point de honte, le CSA a bossé dessus et Marianne dégustera dès demain son plaisir de publier au grand public les résultats, Libé, toujours au fait du moindre grain de poil à gratter à balancer dans le dos de la droite, en publie le grand résultat dès ce soir, sourire crétin aux lèvres. Voici le chapeau de l'article.

"Selon un sondage CSA à paraître samedi dans «Marianne», l’ex-candidate socialiste battrait l'actuel chef de l'Etat au second tour de la présidentielle (51% contre 49%) si l'élection se déroulait aujourd'hui."

Depuis ma naissance j'avoue ne jamais avoir vu autant de stupidité au mètre carré. Un sondage est une étude statistique censée représenter une photographie de l'opinion à un moment donné. Depuis le début des années 2000, les instituts sous pression des commandes outrepassent déjà leurs rôles en tentant de prévoir l'avenir avec les résultats que l'on sait (2002). 2008, bienvenue sur terre, nous allons désormais savoir ce que l'histoire aurait pu être si toutefois ce qui c'est passé après l'évènement déclencheur de cette histoire ai bien eu lieu... Jean Marie Bigard dirait... "Bon admettons". Admettons que tout cela soit intéressant, admettons que ce soit de la politique, admettons que ce soit du journalisme que de retranscrire cela. Quel est le résultat au fait ? 51% Royal contre 49% pour Sarkozy. Tout bon citoyen ayant assisté au moins une fois à un cours de stats pourra s'offusquer de ce résultat en rappelant le rôle majeur de la marge d'erreur omniprésente dans ce type d'étude. Autrement dit, ce sondage du passé vers le futur est en plus inutilisable car représentatif de rien d'autre que de la connerie de ceux qui l'ont commandé et diffusé.

Ce phénomène n'est pas nouveau et trouve des corollaires dans les émissions dites de "téléréalité" axées sur la politique. De "Breaking News" sur Itélé en passant par le canular Belge qui simula une scission entre Flamand et Wallons, la politique tombe parfois aux mains de romancier qui, tout en ayant pleinement connaissance des tenants et des aboutissants de certains dossiers, en détourne des détails ou plus pour en faire une fiction. Tout cela est bien plus dommageable qu'il n'y parait car cela contribue à ce que Zemmour cite souvent comme le plus grand mal politique de notre pays, la mutation de la politique des sphères cartésiennes - plus -terre - a - terre - tu - meurs à celle de la romance. Pour gagner, il faut aujourd'hui avant tout raconter une histoire.

Libération l'a compris et nous conte l'histoire de Ségolène Présidente.

Les avis de Criticus et de Chafouin.

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