A quoi joue Sarkozy ?

7h10, le réveil sonne, comme tous les matins. La voix grave du speaker se propage jusqu'au plus profond de mes oreilles venant ainsi troubler mon paisible repos. Debout. Le soleil orangé m'a précédé et prend déjà de la hauteur dans le ciel parisien. A la radio, l'enfilement quotidien des informations internationales, économiques et sportives RAS. Si, plutôt RSA que RAS ce matin. Hirsch l'a fait, le RSA va être présenté devant le parlement français. Ce "revenu de solidarité active" est le bébé du multi diplomé héritier de l'Abbé...

Le RSA, ce dispositif d'incitation au retour à l'emploi pour les plus démunis d'entre nous tape à la porte de la grande famille des aides (et des taxes) françaises. Le process est simple, il vise à maintenir une partie des aides étatiques aux tout récents travailleurs, grandissant de ce fait l'attractivité d'un emploi vis à vis d'un statut "assisté". Hier un chômeur touchait 100. Demain, flanqué d'un nouveau statut de travailleur, il ne cédera que 38 de ses 100 précédents, le reste étant conservé en plus de son salaire. Dans ses grandes lignes, ce nouveau système mérite d'y porter attention notamment par son statut encourageant à retrouver un travail. Pourtant, l'on ne peut que regretter que l'aide étatique se prolonge désormais au delà même des statuts "hors marché du travail". Vous dites assistanat ? Je réponds bien sûr... mais mis en place dans le but de réduire la part des "hésitants" situés à l'étroite frontière entre assistanat et travail. Vous me répondrez qu'il fallait réduire les premières aides. Et je ne pourrais dire que "certes"...

Paradoxalement, peu de monde parle du fond de la mesure ce matin. Les débats se portent bien plus sur le mode de financement de ce nouveau gadget social et sur le pourquoi du comment d'une telle décision présidentielle...

La financement d'abord, établit sur le capital. Sans surprises, cette étude INSEE nous renseigne vite sur l'identité des futurs payeurs. La palisse n'aurait à coup sûr pas fait mieux, plus le salaire est élevé, plus la capacité à détenir du capital est imposante. Sapin n'a pas tord lorsqu'il explique dans Libé que les plus riches se protégeront derrière le bouclier pour ne pas s'acquitter de cette nouvelle taxe. Dernier décile oté, ce sont donc les classes moyennes sup et classes moyennes "classiques" qui devront se plier au dernier caprice de notre UMP gauchisant. Cette idée farfelue, empruntée d'idéologie de gauche tombe en plus très mal. La baisse du pouvoir d'achat n'étant plus un secret pour personne, l'on s'attaque désormais au capital qui fait la gueule lui aussi. Les marchés financiers végétent, pas totalement remis de la claque subprimes, le marché immobilier recule à la suite des krash US puis espagnol... La totale.

Objectivement, ce projet RSA ne trouve que très peu d'avantages à mes yeux. Ce n'est pas le moment. Nous n'avons pas les moyens et l'étât de l'économie ne laisse entrevoir que peu d'espoirs d'une reprise prochaine. Pour tenter d'expliquer le pourquoi du comment à notre humble niveau, il faut aller puiser les raisons dans la sphère politico politique qui compte tant aux yeux de Sarkozy.

Après l'ouverture et les débauchages, après avoir pomper les voix de la droite nationaliste, Sarkozy nous joue la partition désormais bien connue du coup politique. Car le RSA me semble être une réelle arme de destruction massive à l'encontre des adversaires politiques. Le PS est en reconstruction, va bientôt se réunir pour choisir ses chefs et fixer un cap jusqu'aux prochains rendez vous politiques. Le RSA, petit bébé d'un ex proche du PS ne peut que rassembler les approbations des adversaires politiques qui avaient fixé leur message politique sur le caractère orienté de la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Les riches, le bling bling, les patrons amis, les cadeaux fiscaux, les cadeaux tout court... L'arroseur se retrouve nez à nez avec son tuyau d'arrosage et devrait en prendre une bonne...

Sinon tout va bien. Le PS est content de cette mesure, les électeurs de gauche aussi. On oublierait presque que Sarkozy est un homme politique de centre droit. Idéologiquement, on aurait plutôt penché pour un allégement des charges, une aide aux entreprises ou toutes autres mesures réclamées depuis des lustres par les entrepreneurs, qu'ils soient petits, moyens ou grands. Non, ce sera le RSA, et le coup politique, l'éternelle chimère de la relance par la consommation, l'Etat lourd, imposant et piètre gestionnaire. La France dans toute sa splendeur.

... et la scission avec sa majorité et son électorat ?

Vivement le vote à l'Assemblée... A quand une vraie droite en France ?

25 commentaire(s) à déguster:

  • Nicolas

    Tiens ! Un lien ! Si tu as bien lu mon billet de ce matin, tu remarqueras que je suis surtout content car la mesure va emmerder les blogueurs de droite...

  • Seb

    @Nicolas: Je ne l'avais pas mis au début mais je suis d'humeur charitable ce matin.

    Tu dis: "C’est une orientation de bon sens. Je vais être obligé d’accorder ça à Nicolas Sarkozy"

    J'en conclue donc qu'en plus de la satisfaction que tu ressent de me voir emmerdé, "l'orientation" te convient.

    A force de me lire tu croyais encore que j'étais un disciple aveugle de Sarkozy ?...

  • Nicolas

    Pas un disciple aveugle. Un électeur...

  • Seb

    Electeur oui, je l'ai affirmé et j'ai même dit que je ferait pareil. La question est de savoir si un électeur est un disciple.

    J'ai voté par défault, je ne cesse de le répéter. Et ce qu'il se passe aujourd'hui me confirme dans mon choix de me tenir loin de l'UMP !

  • le chafouin

    Si le but de la politique c'est d'emerderels blogueurs de droite, on est foutu!;)

    Moi ce qui m'amuse c'est que d'un côté on économise à tour de bras sur les focntionnaires, et d'un autre,on n'arrête pas d'inventer de nouvelles taxes. Je ne suis aps doué en économiemais je trouve ça très peu rationnel. Il faut choisir!

    Là, cette mesure fait typiquement partie de celles qui sont destinées juste à remonter la cote de Sarkozy. Ce n'est pas qq chose de réfléchi, soupesé, accepté.

  • Seb

    Je crois que c'est un coup politique et démago. Je vois mal le bénéfice économique justifier la prise de risque vis à vis de son électorat et de sa majorité...

  • Nicolas

    Le Chafouin,

    Ce n'est pas le but de la politique... Mais tu m'excuseras si ça m'amuse. Ton dernier paragraphe en est la preuve : vous êtes désappointés...

    Plus sérieusement (et hors "droite-gauche), il y a une partie de ton commentaire (le deuxième paragraphe) que je ne comprends pas : ne peut on pas faire des économies où c'est - peut-être - possible (sur les fonctionnaires) et augmenter les recettes (nouvelle taxe) pour payer des trucs - peut-être - utiles ?

  • Seb

    @ Nicolas: Sarkozy désapointe son propre parti. Dès lors qu'il fait cela, l'ensemble des sympathisants qu'ils soient proches ou moins proches le sont aussi. Les économies sont à réaliser mais Copé le dit lui même, ils pensent que ce n'est le moment vu la gueule de notre économie.

    La question demeure: Pourquoi avoir systématiquement recours aux taxes, et partioculièrement celle ci qui n'a rien a voir avec l'idéologie "classique" de la droite française, pourtant déjà assez rosée....

  • Nicolas

    Seb,

    On est d'accord (enfin, heu...) mais la question n'est pas là ! (NS désapointe et ça n'est peut-être pas le moment de faire des économiqes).

    C'est juste que je trouvais la phrase du Chafouin un peu bizarre...

  • balmeyer

    Le "pire" de la droite, plus le "pire" de la gauche, je crois que Sarkozy est en train d'inventer un truc énorme. Le Chirac au carré !

    En tant que "gauchiste", au delà de la "technique" politique que je ne maitrise pas, j'ai bien peur qu'à mécontenter tout le monde on aboutisse qu'à des mesurettes faciles et populistes, comme des safaris de sans papier ou la désintégration des pitbulls mangeurs d'enfant, en fin de présidence.

  • Didier Goux

    Merde ! c'est encore moi qui vais devoir casquer, je le sens venir...

  • Nicolas

    Z'avez qu'à prendre votre retraite.

  • Si j'ai bien compris le fonctionnement, j'ai surtout peur que le système ne pousse à accepter pour les bénéficiaires du RSA que des postes à temps partiel et les entrepises à en créer. Et après on dira que les méchants patrons ne jouent pas le jeu.

    " Idéologiquement, on aurait plutôt penché pour un allégement des charges, une aide aux entreprises ou toutes autres mesures réclamées depuis des lustres par les entrepreneurs, qu'ils soient petits, moyens ou grands" oui tout à fait d'accord et avec l'histoire de la "taxe transport" cela ne va pas améliorer la visibilité des patrons.
    Thaïs

  • le chafouin

    Cher Nicolas, tu dis "vous êtes désappointés" mais je ne fais pas partie des électeurs de Sarkozy. J'ai toujours écrit sur mon blog, avant sa victoire, que pour moi, sarkozy était un chirac-bis.

    Le déroulé de son mandat me donne raison, je pense.

    Ce type n'a pas d'idée économique claire, il joue tantôt avec l'offre, tanttô avec la demande.

    Ce que je voulais dire, c'est que pour diminuer el déficit, on peut réduire les dépenses ou augmenter les recettes : sarkozy, lui, fait les deux. D'où un sentiment d'exaspération chez les gens : ils voient que les sacrifices consentis ua niveau des services publics, des fermetures de classe par exemple, ne sont pas suffisants et qu'en plus leurs impôts augmentent!

  • donatien

    Non, ce sera le RSA, et le coup politique, l'éternelle chimère de la relance par la consommation, l'Etat lourd, imposant et piètre gestionnaire. La France dans toute sa splendeur.

    Seb, si ton appréciation est construite sur cette phrase je comprends ton point de vue. Mais j'attends, un exemple, ou rien n'est comme chez nous, et ou tout va bien ?

  • Seb

    La perfection n'existe pas Donatien sinon tout le monde s'empressserait de copier. je l'ai souvent dit ici même.

    Ma réfléxion est une réflexion plus générale sur un président élu par un certain nombre de personnes pour certaines choses. Pas des cadeaux, pas des taxes en supp. Ou alors on parle de rigueur et on l'applique rigoureusement (sic) soit on choisit autre chose. Mais dans les deux cas on assure une continuité dans sa politique.

    J'ai du mal à adhérer à un président qui pond un pmaquet fiscal et qui, un an aprés, pond une taxe sur le patrimoine pour financer un système - qui peut être intéressant - mais très couteux.

  • donatien

    Seb,

    Tu n'as pas repondu a ma question.

    Moi je note que dans des pays ou les prelevements sont faibles ( compare a la france ) la situation globale n est pas si differente.

    Pourquoi ?

  • Nicolas

    Don,

    Tu essaies de démontrer à Seb qu'il faut voter à droite ?

    (dans la mesure où tu sembles militer pour une baisse des PO).

  • donatien

    @nicolas

    Non je lui demande pourquoi dans les pays ou il y a un systeme liberal, avec mois de taxes, sans services publics... le paradis n'existe pas.

    mais tu les connais les mecs de droite... ils vont encore inventer une réponse qui n'a rien a voir...

    @seb :
    La perfection n'existe pas Donatien sinon tout le monde s'empressserait de copier. je l'ai souvent dit ici même.

    Tu as le meme discours que Besancenot... c'est tres amusant.

    PS: Vire moi cette verif par mot, ca gonfle...

  • Seb

    @ Donatien: D'abord désolé pour le retard. Qui te parle de supprimer tous les services publics ? Qui te parle de supprimer impôts et taxes ? Tout est une histoire de dosage et surtout de maintien relatif de compétitivité du bateau France.

    Si dire ca c'est être un fan de Besancenot alors considère que j'en suis un si cela te satisfait. Le système parfoit n'existe pas. Le capitalisme est le moins mauvais des systèmes et à contribuer à enrichir des milliards de personnes sur la planète. Réfuter cela c'est limite être aveugle. A partir d'un tel constat, l'on peut chercher un système parfait certes, je crois qu'il n'en existe pas et que celui ci reste le moins pire.

  • Seb

    @Donatien2: Et pour les lettres c'est un pare feu anti spam que je n'enleverrai pas car je prefère faire chié mes commentateurs plutot que de passer mes journées à effacer les commentaires spamms... :-)

  • Nicolas

    Seb,

    Pour les spams, on en a déjà parlé. Mais c'est par période. Ces temps-ci, je n'en ai pas un par semaine.

    Ton respect des commentateurs est-il significatif ?

  • Seb

    Si les spammeurs étaient prévisibles ce ne serait pas des spammeurs. Si j'ote cette vérification j'ai de 5 à 10 commentaires jours à supprimer. J'ai pas envie !

  • Nicolas

    Seb,

    On ne va pas s'engueuler sur le sujet, mais j'ai 3 blogs chez blogger. Ils sont très peu spammés. Comment peux-tu savoir si tu serais spammé alors que tu as un filtre antispam ?

    C'est bien le côté incohérent des types de droite !

    ;-)

  • Seb

    C'est bien la manière de juger des mecs de gauche. J'ai aussi plein de blogs sur Blogger moi aussi vois tu et il se trouve que j'ai subit une vague de spamms sévère il y a quelques mois. Voila la raison pour laquelle je laisse le filtre. Surtout que cela ne s'est ressenti en rien sur le nombre et la qualité des commentaires de mes lecteurs adorés.

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