C'est triste. Un Airbus Air France ne donne plus signe de vie depuis plusieurs heures. Il a disparu des radars au large du Brésil. Cet événement, c'est un triste accident, pour les familles des passagers et de l'équipage.
Cet événement, c'est l'épisode de plus, à ranger dans la désormais très imposante, armoire étiquetée: "Je ne sais rien mais je fais de l'information avec du vent" des médias français. J'alerte le tout Paris des experts en tout genre pour combler le temps d'antenne, on pompe les images d'archives, historiques des catastrophes... La palme à TF1, qui dégaine sa miss météo pour expliquer au téléspectateur médusé les diverses hypothèses (puisque, je le rappelle, on ne sait toujours rien). Au téléphone, en live ou sous forme de débat, on use et abuse du conditionnel, du "peut-être" et du "sûrement". Et maintenant, on nous balance les "miraculés". Show must go on.
Cet événement c'est aussi l'éclatante preuve de la "too much politic" de Nicolas Sarkozy qui troque son costume de président pour celui d'assistante sociale. Hier comme demain, il y eut et il y aura des morts dans notre pays. Des morts révoltantes et tristes. Pourtant, Nicolas Sarkozy ne sera pas là, regard froid et mine déconfite devant les caméras pour exprimer la tristesse et la compassion de la France.
Les uns jouent et déjouent des carrières politiques, les autres jouent et déjouent des audiences.
Qu'importe de souiller la mémoire des victimes. A vomir.
Lire Toréador.
4 commentaire(s) à déguster: on "Heureusement, le ridicule ne tue pas"
On ne va pas jouer au petit jeu du quanti, mais il s'agit tout de même de 73 Français morts d'un coup, dans un avion français, revenant en France. Ca fait beaucoup de raisons d'être concernés. Quand une touriste se fait abattre au Caire comme cet hiver, je comprends qu'on n'en fasse pas les gros titres. Là, il ne faut pas enlever à l'événement le statut de catastrophe auquel il peut légitimement prétendre.
Quant à Nicolas Sarkozy... au contraire, je le trouve là dans son rôle. On peut certes gloser à foison sur le fait de savoir si c'était au Premier ministre, à Jean-Louis Borloo ou Dominique Bussereau de prendre en charge la cellule de soutien psychologique et le SAV gouvernemental, mais ça ne me choque pas outre mesure.
Tout à fait d'accord. Sarkozy n'est pas psychothérapeute, il n'a pas à aller discuter avec les familles.
L'Etat n'a rien à voir avec cet accident, il n'a pas à s'en mêler.
Nick,
J'ai du mal m'exprimer. Je ne conteste pas le fait qu'il faille parler de cet accident. Ce qui me soule au plus au point, c'est l'acharnement à faire des dossiers, des pages spéciales, des éditions spéciales alors que personne ne sait rien de ce qu'il s'est passé.
J'en ai marre de passer mes journées à écouter des experts qui parlent au conditionnel, tout cela pour une seule et même raison, combler, combler, combler au maximum l'antenne pour tenir le téléspectateurs/lecteurs/auditeurs.
Quand à Sarkozy, je suis très étonné que tu considères cela comme normal. Non, ce n'est pas son rôle, je suis désolé. Et ce, d'autant plus pour dire "pour l'instant on sait rien".
Super. Dans ces cas là, qu'il se taise et fasse son boulot de président.
Bonne soirée à très bientôt Nick :)
Plus que le sujet Sarkozy je trouve scandaleuse l'attitude des médias qui une fois de plus ne comprennent rien a rien au sujet dont ils parlent mais qui boivent du petit lait à l'idée de pouvoir faire de jolis titres avec les mots AF, 330, Mystère, Crash, Catastrophe.
Je suis vraiment vraiment horrifié par cela.
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