"La France, c'est l'Etat"

Lu sur Optimum, ce récit d'oral en première Economique et Sociale. Je vous le poste tel quel. On est foutu.

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Le candidat : "...et la Mafia permet donc de créer des emplois, puisque l'Etat embauche des policiers pour lutter contre... d'ailleurs c'est inutile, ça ne marche pas du tout".
Moi : "Donc économiquement, la Mafia a un effet positif ?"
Le candidat : "Oui".
Moi : "Et donc une épidémie ce serait bien aussi, parce que ça créerait des emplois de médecins ?"
Le candidat (réfléchit un instant...) : "...ben oui".

Autre sujet, quelques minutes plus tard...

La candidate : "...et l'ouverture des jeux d'argent en ligne va permettre d'augmenter le chiffre d'affaires de la France".
Moi : "C'est à dire ?"
La candidate : "Ben... l'Etat fait des profits grâce à ça".
Moi : "L'Etat fait des profits ?" (oui, je ne me foule pas trop dans mes questions)
La candidate : "Ben oui" (non, elle ne se foule pas non plus)
Moi : "Donc le chiffre d'affaires de la France c'est le profit de l'Etat, c'est bien ça ?"
La candidate : "Ben oui, puisque la France c'est l'Etat".
Moi (silence... puis) : "C'est bien ce qu'il me semblait. Merci".
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Les divers agissements de nos socialistes (roses ou bleus peu importe) portent leurs fruits. L'inculture économique française est profonde, que dis-je abyssale.

Oui H16, ce pays est foutu.

Le ridicule ne tue pas, il fait perdre des électeurs

[Pour rigoler, cliquez sur l'image ci-contre] C'est donc la grande mode, dans les hautes sphères décisionnelles de nos contrées, la pizza. Faut dire que c'est plus "populo" que les menus gastronomiques. Le top du top, c'est les déguster sur une péniché amarrée au cul de la péniche Thalassa. Là, ca fait vraiment débat politique.

Et le méga top du top du top, c'est lorsque vous y conviez "le peuple" (dont la traduction au 21ème siècle en web 2.0 se dit "blogueur"). Et le supra méga top du top du top c'est lorsque vous osez descendre dans l'arène, au milieu de la peuplade au moyen "d'interview insolent", car un blogueur, sachez-le, c'est insolent.

Une fois tout cela mis en place et que vous serez en bas du bas de ce que la politique a inventé, vous pouvez concourir aux élections de la République. Ne vous emmerdez pas trop avec les notions d'équilibres des comptes ou de projets politiques vous perdriez du temps...

Il demeurait quelques doutes dans mon esprit sur le sens à donner à mon vote aux prochaines régionales. Huchon éliminé d'entrée, il demeurait quelques minces chances à Pécresse que j'envisageais d'évaluer lors de la campagne électorale.

J'ai évalué. Aujourd'hui, l'UMP vient de perdre mon vote.


Le Post s'étant interrogé sur la véracité de l'information (selon laquelle Sarkozy installerait un four à pizza dans son A330) provenant de la PQR et ayant démontré sa très vraisemblable fausseté, je n'ai pu qu'acter cette "erreur" en supprimant le billet précédant celui-ci qui traitait du dit sujet.

Du calme, on a les moyens

Nicolas Sarkozy s'est exprimé sur TF1. A mon sens, le panel était assez intéressant. Preuve s'il en est, la gauche a adoré le CGTiste de service agressif combatif par exemple. Les journalistes eux, se sont placés dans le sens du vent et on attendus que cela se passe. Comme je l'ai dit sur Twitter, je suis désormais convaincu que Laurence Ferrari est une formidable journaliste pour interroger le passant du coin dans n'importe quel marché du dimanche, en France.

Depuis une heure, je n'ai pas zappé de chaîne. Je ne me suis pas malencontreusement assis, non plus, sur la télécommande. J'ai commis une erreur cependant, je me suis autorisé a cligner des yeux, plusieurs fois dans la soirée.

Mais rien n'y fait, une heure que ca déroule et personne n'a prononcé le mot "dette". Les français ne semblent donc pas s'en inquiéter. Paradoxalement, c'est pourtant le centre du problème et la raison principale de l'inaction Etatique à laquelle rêve n'importe quel bon français qui se respecte.

La dette donc, abyssale. Les déficits, gigantesques. Le risque, très bientôt, de voir la note de la France dévaluée et ainsi le risque (spread) s'accroître sur toutes les opérations financières à venir de nos entreprises (et pas que celles du CAC...).

Alors le lait c'est bien, Renault c'est super, les patrons, on le sait, sont des salauds, le chômage c'est grave, la situation dans les hôpitaux c'est sérieux. Tout ca, c'est même largement plus grave que les centaines de milliards de dettes que notre pays ne cesse de créer.

22h30, fin d'émission, le mot "dette" n'a pas été prononcé une seule fois. En matière d'aveuglement, on a rarement fait mieux. Respect. Ces conversations auront prouvé (une nouvelle fois) deux choses. D'abord que la pensée politique bâtie sur des bases citoyennes (et uniquement) ne constitue pas un projet. Ensuite, plus grave peut-être, que les français n'ont pas vraiment conscience, semble t-il, du risque et de l'urgence de la dette.

La fac pour les nuls

Chez moi ce week-end, était invité une des meilleures amies de madame CaRéagit. Cette dernière, fort sympathique, a pris quelques moments dans le week-end pour corriger des copies d'étudiants en première année de Licence de Droit. Elle avait de (très) nombreuses copies, probablement une centaine dont certaines n'étaient que très partiellement remplies, et ce dans un français encore plus approximatif que celui utilisé par votre serviteur... C'est dire.

A ce stade, aimables candides lecteurs, vous pensez (tout comme je l'ai pensé) que cette charmante jeune fille est diplômée, probablement de droit (pour corriger des copies de droit à des étudiants en L1 de droit) et que cette dernière exerce ici une tâche qui lui incombe en tant qu'enseignante en université.

Raté. Il s'avèrera, après discussion, que l'amie de madame CaRéagit est en réalité en dernière année de Droit (ouf, le principal est sauvé) mais en rien spécialiste de la matière corrigée (aie, merde) et que celle-ci présente en réalité le statut de vacataire, lequel statut lui permet de proposer ses services aux professeurs souhaitant lui sous traiter la correction des copies de leurs étudiants. Vous me suivez ?

Moi, crétin parmi les crétins, pour n'avoir jamais mis les pieds à la faculté française (IUT excepte), lui demande, quelque peu sur le cul inquiet si cette sous-traitance existe à la marge ou si elle présente tout les aspects d'une pratique ultra démocratisée. Réponse deux mon colonel.

Elle, poursuivant joyeusement, fait d'elle même référence à la toute récente proposition de loi réformant la répartition du temps de travail entre la recherche et l'enseignement, me détaillant les points bloquants de cette réforme...

Dans la sphère du Droit (pour ne parler que de ce qu'elle a abordé) me dit-elle, il est ainsi très courant qu'un professeur soit payé pour sa tâche de professeur, qu'il n'exerce en fait que très peu (quelques heures de cours ici où là et une sous-traitance des copies), qu'il justifie de son temps restant en affirmant "chercher" (et hup, salaire de chercheur), temps effectif qu'il dépense en réalité dans l'exercice d'une fonction tierce, très souvent liée au droit (et hup, troisième salaire). A côté, Henry Proglio ferait presque office de petit amateur.

Comprenant les quelques incompatibilités des “’pratiques terrains” avec ce texte de loi, je m’apprêtais à clore la discussion lorsque me saisit l’envie de feuilleter une ou deux copies. Le tas, fraîchement noté, présentait une note moyenne de 6/20. Pas glorieux, les spécialistes du droit de demain. Ouvrant la plus basse note des copies remplies, quelle ne fut pas l’horreur de découvrir le niveau orthographique et grammatical (pire que moi j’vous dit…) de certains… jeunes diplômés du bac et intégré à l’université française… La sous-traitance des copies prit alors tout son sens. A la lumière de ces torchons, je venais de comprendre le ras-le-bol de certains de nos professeurs d’université qui doivent avoir biens d’autres chats à fouetter que de corriger les manquements de notre école.
Des bacheliers aux niveaux catastrophiques, des professeurs cumulards, une organisation de la sous-traitance de correction des copies par des « vieux » étudiants pas encore diplômés.

Voilà la gueule de notre Ecole, voilà la tronche de notre université, voilà l’état de notre ascenseur social.

Ce billet ne présente pas les caractéristiques d’un billet politique. Inutile donc de venir dire que c’est la faute de Darcos, c’est la faute de Lang ou celle de Mai 68… Même si j’ai ma petite idée sur la question, ce débat tournera en rond.

Fouineur d'Archives